François Blocquaux

LA COMPETITION SCOLAIRE AU PAYS DU MATIN CALME

 

Dans la quiétude des vacances, TELERAMA se livre à une enquête, dans divers pays, sur les pratiques d’enseignement.

Quelle bonne idée d’avoir replacé dans le contexte culturel sud-coréen les résultats flatteurs de l’étude PISA qui évalue les élèves du secondaire dans le monde et range ce pays dans le peloton de tête des têtes bien pleines…voire bien faites !

La course au succès scolaire est, en effet, au coeur du système éducatif de cette société et les cours particuliers ( hagwon ) de tous ordres, et fort coûteux, sont entrés dans les moeurs, et ce, dès le plus jeune âge, générant un fructueux marché.

L’objectif final est de décrocher la meilleure place au concours d’entrée dans les Universités, qui, à l’instar de nos grandes écoles, sont classées selon une stricte hiérarchie plaçant au premier rang l’Université de Séoul, à elle seule l’ENA + Normale Sup. + HEC/ESSEC + l’X et Centrale.

Sortir de cette prestigieuse structure, c’est avoir la peau d’âne en or, qui, si vous êtes un garçon, fera de vous un produit de premier choix lors de la négociation de votre mariage, la promise étant alors dans l’obligation d’amener un patrimoine conséquent. D’un côté, les neurones. De l’autre, les wons.

Pour doter les chères têtes uniformément noires du bagage intellectuel suffisant, c’est donc le rythme des  prépas françaises les plus cotées dès le CE1, sachant que les jouets du bébé sont déjà choisis en fonction de leur potentiel éducatif.

Chaque jour,  des mini-bus sillonnent les ruelles et ramassent les bambins pour les conduire qui au cours d’anglais, qui à celui de taekwondo, qui à celui de maths, qui à celui de piano, car aucune discipline n’est laissée en friche. 

Plus âgé, le lycéen trouvera refuge dans des salles de lecture, publiques ou privées : des box minuscules hébergent jusqu’à une heure avancée ces stakhanovistes du savoir et du QCM, jusqu’à une heure avancée de la nuit, pour potasser et réviser, et…dormir sur le sol, enveloppé dans un sac de couchage. 

Ho Chol CHOI a croqué avec ironie et tendresse dans un ouvrage paru en 2008, intitulé La ligne circulaire Ulchiro, des scènes de la vie du séoulite (séoulais, séoulien, séoulois, séoulard… ?). Ces deux illustrations résument deux moments du système éducatif de cette petite péninsule frappée d’hémiplégie, comme le fut l’Allemagne pendant de longues années.

Pour ma part, j’adore, au premier plan de celle qui décrit une salle de lecture, la brosse-à-dents fichée dans le rouleau de papier hygiénique.

Le ballet des mini-bus de ramassage pour les cours supplémentaires

Le ballet des mini-bus de ramassage pour les cours supplémentaires

Les salles de lecture/boîtes à sardines

Quand la Chine s’éveillera…

 

Peyrefitte ( Alain, pas Roger ), qui cite en la tronquant une prédiction de Napoléon, qui ajoutait ” et le monde tremblera.”,  en avait fait le titre d’un pavé qui eut son heure de gloire littéraire il y a une trentaine d’années. Le ministre de de Gaulle, bien que normalien, n’avait ni la plume de Claudel ni celle de Segalen.  

Depuis lors, des mères-cubes d’eau du Huangpo sont passés sous les nombreux ponts de Shanghaï. Le yuan est devenu une devise qui pèse dans les plateaux des balances commerciales  et un froncement des sourcils du Président Hu déclenche un tsunami politico-économique.

                                                                                                                                                              

Et Monsieur Wang, dans tout ça ?

La sieste réparatrrice, sur le tas, hop !, a aussi ses lettres de noblesse là-bas. A preuve ces deux photos prises fin mai à Suzhou, la ville des jardins,  et à Shanghaï, en pleine Expo 2010.

Quand le conducteur du taxi se réveillera, vous pourrez lui donner votre destination, et le livreur, dans sa petite remorque, vous apportera le paquet que vous attendez. Mais, ne les réveillez pas !

Pour conclure, cette histoire rapportée par un des mes anciens collègues de l’Université de Suzhou:

Autour d’une soupe à la tête de poisson, Mr Li questionne Mr Lebrun, homme d’affaires français en déplacement.

 ” Quels sont les horaires de travail en France ?” .

” 35 heures” lui répondit-on.

 ” Ceci me semble impossible, cher Monsieur, car les journées, chez vous comme chez nous,  n’ont que 24 heures. “  

Selon mes sources, le français en est encore à chercher la réponse.

Manipulations génétiques

La photo, ou comment situer, décrire, expliquer et analyser, sur une surface réduite, et ceci sans mot dire, ni maudire ?

Plus que les traités, les essais et les points de vue sur l’évolution de la Chine et sa perméabilité/imperméabilité aux influences extérieures, ce panonceau placé au bas de l’escalier qui dessert les 6 niveaux et les centaines de mètres de linéaire d’une très grande librairie, située Fuzhoulu, à Shanghaï, auprès de laquelle l’addition de Gibert Jeune, Bd St-Michel, La Hune, L’Ecume des Jours, Gallimard, Julliard, Le Divan, …ressemblerait à un Point Presse, illustre les manipulations génétiques dont la société chinoise et son système économique font l’objet.

Au troisième étage, le mille-feuille idéologique: une couche de bouquins axés sur l’économie et la  politique, une couche de classiques du marxisme-léninisme, une couche de compta/finance, et pour finir, le management des entreprises.

Quant à Mao, il ne sourcille pas au dessus de la pile imposante d’un ouvrage consacré à Google.

IDEOGRAMMES ET CARICATURES

 Chacun sait que l’on peut  parler le mandarin sans savoir l’écrire ou comprendre le sens des idéogrammes chinois sans savoir les prononcer. Apprendre cette langue est un travail à plein temps : deux manuels sont nécessaires, l’un qui s’intitule Comprendre et parler, et le second, Lire et écrire.

Heureusement, point n’est besoin de maîtriser un nombre respectable de caractères pour se tenir au courant de l’actualité de la Chine.

La lecture d’un quotidien en anglais, le China Daily, y suffit.

Et, point n’est besoin non plus de maîtriser cette langue pour saisir, comme pour une bande dessiné sans phylactère, la température politique et les problèmes du jour : il suffit de regarder des caricatures, dont la liberté de trait traduit la latitude qui est laissée aux journalistes, ou que ceux-ci s’octroient.

C’est cent fois plus instructif que d’écouter Raffarin, sinologue et sinolâtre autoproclamé, qui dans une récente émission télé avec Calvi sur le thème de la Chine, enfilait allègrement perles et lieux communs. Ce fin connaisseur de l’Empire a dû limiter ses investigations à une visite rapide et encadrée sur le Bund, à Shanghaï. Ses truismes ressemblent à s’y méprendre à cette assertion de l’anglais qui, débarquant pour la première fois à Calais, et apercevant une française rousse, en inférait que toutes le françaises étaient pareillement pourvues.

Cruelle cette caricature qui traite, en vrac, de la question de l’urbanisation galopante, de l’appropriation des sols, des expropriations, de la spéculation foncière, de la bulle immobilière en cours de constitution, de la protection des espèces menacées, du rythme de développement des économies ( le modeste marteau-piqueur versus la robuste pelle mécanique ), des droits de l’homme ( les casques de chantier contre l’arrogant cigare ).

Le dessin tient de l’aphorisme et du haïku, qui ramasse dans un raccourci, et forcément à gros traits, de lancinantes questions. La morale est clairement et publiquement affichée : mieux vaut être une oie en Angleterre qu’un modeste habitant d’un bourg du Jiangsu. Sévère coup de canne en bambou sur la tête de certains hiérarques !

Le seconde caricature pourrait être sous-titrée L’embarquement pour Cythère, en hommage à Watteau. A ceci près que la destination n’est une île de rèves et de plaisirs. Ces banquiers chapeautés de la City invitant un chinois d’opérette tout droit sorti des Cigares du Pharaon à monter dans une barque qui va affronter le violent clapot de la mer du commerce international et des taux de changes variables, et à se saisir d’une rame,  c’est la Chine à la croisée des chemins, et l’esquif n’est pas une jonque.

Gros pétard éclatant dans les pieds des responsables politiques !

En l’An de grâce 2010 après Jésus-Christ

Deux sources d’information :

Le Monde, du 19 juin 2010, d’abord, avec cette dépêche d’agence venant du pays des Mormons, l’Utah.

Souci de briéveté ? Ignorance ? L’auteur aurait pu faire référence au pavé écrit par Norman Mailer, en 1979, relatant le cas de Gilmore, auteur de deux meurtres, qui avait tenu mordicus à se faire fusiller. Le livre relate par le menu les faits, le procès, les péripéties de la procédure et l’exécution. Rien de changé depuis cette date.

L’édition des 22/23 mai du China Daily, un des quotidiens chinois en langue anglaise. Ce verdict fait mentir le fabuliste qui affirmait que selon que l’on est puissant ou misérable, les jugements de cours seront blancs ou noirs. Cet ancien chef de la police était accusé de corruption et d’abus sexuel sur une étudiante. Les pétards étaient de la fête.

La peine de mort : les Présidents Obama et Hu peuvent se livrer à des échanges de vues sur ce sujet.

F.M. Aïe!Aïe!Aïe!

F.M.I.

Prononçons à l’anglaise pour mieux coller aux pratiques de cette institution internationale et aux plaintes et cris que poussent les habitants des pays soumis à sa juridiction.

 F.M. Aïe ! Aïe !Aïe !

La Grèce va se colleter avec les F.M.I. boys, qui sont à la Finance ce que le F.B.I  ( F.B. Aïe ! ). est à la délinquance et au crime et la C.I.A. aux  réseaux islamiques parrainés par Ben Laden et consorts. Ils en ont le même doigté et un sens similaire de la nuance et de la délicatesse.

Par comparaison, l’irruption de notre brigade financière dans les locaux d’une société suspectée d’indélicatesses, c’est un menuet dansé avec grâce et componction.

Pour avoir vu opérer les exécutants du Fonds, il y a un certain temps, dans des états d’Afrique francophone et  en Corée du Sud, je vous garantis que la médecine qu’ils pratiquent ne s’apparente ni à l’oméopathie ni à une cure ayurvédique. C’est de la chirurgie d’urgence telle que pratiquée par un docteur de western extrayant une balle de colt, sur une table de saloon ou par les médecins militaires, avant que Henri Dunant, traumatisé par la boucherie de Solférino, ne crée la Croix Rouge.

Les clystères qu’ils administrent aux finances publiques ont la taille et la contenance de ceux qu’utilisaient les médicastres chez Molière.

D’ailleurs, regardez les deux experts figurant sur la photo.

Le premier, à gauche, ressemble comme deux gouttes d’eau à Jean-Marie Messier, l’étoile déchue. A croire que l’homme s’est recyclé dans l’audit international, à la manière de ces hackers délinquants qui, passant du bon côté de la ligne jaune, monnayent leurs talents auprès d’éditeurs de logiciels ayant pignon sur rue et y peaufinent des pare-feux inviolables.

Les lunettes noires du second lui donnent un côté gros bras tatoué et une capacité à faire avouer à des financiers binoclards les turpitudes comptables auxquelles ils se sont livrés.

Mais, comme disent les vieux Hellènes qui en ont vu d’autres : « N’en faisons pas un dra(ch)me ! ».

A PRENDRE AVEC DES BAGUETTES

La Corée du Sud demeure une grande ignorée, à l’écart des flots de touristes qui s’aventurent dans cette région et choisissent plutôt la Chine ou le Japon.

 De temps en temps, paraissent des articles sur ce petit pays, qui  en soulignent des aspects folkloriques ( les plongeuses de l’île Cheju dans un supplément hebdomadaire récent du Monde) ou les variétés culinaires ( dans le même journal, il y peu. ).  

Certes, la cuisine coréenne relève de la catégorie « gastronomie », en raison de sa qualité et de sa spécificité. Pas grand chose à voir avec les cuisines chinoises – à dessein, j’utilise le pluriel – ou avec l’art des mets japonais, et pas seulement parce que les convives utilisent des baguettes en métal ! Elle est une composante majeure de la coréanité.

D’où mon désarroi lorsque, à Paris, je passe la porte de certains restaurants « coréens ». Pourquoi les guillemets ? Parce que ce qualificatif me semble souvent usurpé et relever de la publicité mensongère lorsque lesdits établissements, parés d’enseignes en hangeul et d’inscriptions, à l’intérieur, du même alphabet, sont tenus par des maîtres queux qui ne viennent pas de la péninsule, révisent à leur manière des recettes traditionnelles, achetent je ne sais où les ingrédients  et fabriquent des plats qui ne sont qu’un reflet déformé et bien imparfait de l’original.

Tout dernièrement, rue Ste-Anne, dans un établissement correspondant en tous points à ce que je viens de décrire, j’ai calé devant le plus mauvais bibimpap qui ait jamais croisé la route de mes baguettes.

Avenue de Saxe, ma femme qui est coréenne,  et moi avons fui avec terreur des serveuses affublées d’un hanbok de pacotille qui  proposaient en un français mâtiné d’un idiome asiatique autre que le coréen, des plats ne correspondant pas à ce que nous attendions.

L’Office du Tourisme de Corée ne peut-il trier le bon grain et l’ivraie, séparer le kimchi et le tabasco en quelque sorte,  en délivrant, après exament et tests,  un label qui atteste la qualité des prestations offertes ou en éditant, tous les ans, un guide où les étoiles seraient remplacées par des kimchis, c’est-à-dire des feuilles de chou, stylisées, rougies par les piments ?  Un, deux, trois selon le plaisir papillaire et l’orthodoxie culinaire.

Celà éviterait que ne circulent des versions contrefaites et perverties des plats phares de la gastronomie coréenne, qui véhiculent une image détestable du savoir-faire et du savoir-goûter de la péninsule.

Le patrimoine, ça se protège et ça se respecte. (Une initiative similaire serait d’ailleurs la bienvenue de la part des autorités chinoises et japonaises.)

D’autant que les origines historiques de certains plats coréens puisent dans un passé ancien, tout comme la racine de gingseng sauvage s’enfonce dans le sol.

 Lisant deux volumes, hérités d’un grand-père pharmacien, dont le titre est Histoire générale des drogues simples et composées, écrits en 1735 par le sieur Pomet, marchand Epicier et Droguiste, je suis tombé sur un passage décrivant une prescription qui  n’est ni plus ni moins que la recette du samgyetang,  ce coquelet au riz, au gingseng et aux jujubes, qu’à mon grand regret je n’ai jamais trouvé à la carte d’un « bon » retaurant coréen.

Je vous la livre, dans son jus, même si la lecture de ce passage, en style et graphie du XVIIIème, exige un petit effort. La chute est délicieuse. On imagine les rêves qui accompagnent la torpeur post prandiale.

La Corée, pour la bonne bouche‏

La gastronomie du Pays du Matin Calme est une des éléments de la “Coréanité”, tout à fait à part des cuisines chinoises – à dessein au pluriel – et de la japonaise.
La seule différence ne réside pas dans l’usage de baguettes en métal ou dans la présence gustative et olfactive, du kimchi.
L’un des plats majeurs , consommé en été, est le samgyetang. Pour faire court : un coquelet farci de riz collant, de ginseng et de quelques jujubes, longuement cuit dans un bouillon.
J’ai retrouvé la trace de cette recette dans un ouvrage en deux volumes, écrits en 1734 par le sieur Pomet, marchand épicier et droguiste. La voilà, telle quelle, avec ses 276 printemps. Elle n’a pratiquement pas pris une ride:
“On prend une poule dont la chair et les os sont noirs.On la vide bien. On la nettoie.Puis on prend des nids d’oiseau qu’on amollit avec de l’eau et qu’on déchirepar petits filets. On coupe du ginseng en petit morceaux, puis on met le tout dans le corps de la poule, dont on coud le fondement. La poule est mise ensuite dans une porcelaine couverte, qu’on met dans une marmite pleine d’eau. On fait bouillir cette eau jusqu’à ce que la poule soit cuite. Après quoi, on laisse la marmite sur la braise et les cendres chaudes toute la nuit. Le matin, on mange la poule, le ginseng et les nids d’oiseau, sans sel ni vinaigre. Après avoir mangé le tout, quelquefois on sue.”
Un regret: que le samgyetang ne figure sur la carte d’aucun restaurant coréen de Paris. Remède miracle par temps de canicule, la Sécu devrait rembourser l’addition.
A vos baguettes, à partir de juillet !

CONFUCIUS ET LE COUTEAU DE BOUCHER

Une collaboratrice de l’Université de Perpignan a été tuée par un étudiant chinois, armé d’un long couteau. Un psychiatre a reconnu son irresponsabilité au moment où les faits ont été commis.

J’ignore tout du contexte de ce drame, mais mon expérience d’ancien professeur à l’Université de Suzhou (Jiangsu) et une assez bonne connaissance des conditions dans lesquelles les étudiants chinois conduisent leurs cursus universitaires en France me conduit à analyser certaine composantes de leur situation , d’autant que des faits divers récents – le cas d’espionnage industriel par une étudiante de l’IUT de Compiègne, les « diplômes »

délivrés par un département de l’université de Toulon – alimentent régulièrement les chroniques et donnent libre cours aux fantasmes.

1/ A l’inverse de leurs collègues en provenance d’Etats lointains, la plupart des étudiants chinois sont issus de familles peu fortunées qui se sont endettées pour financer cette coûteuse expatriation, même si le montant global de l’investisement « formation universitaire » en France reste largement en deça de ce que demandent nos voisins européens.

D’où l’énorme pression à laquelle sont soumis ces étudiants, porteurs de l’honneur et des ambitions du groupe familial, condamnés à la conquête, à tout prix, de la peau d’âne qui leur vaudra gloire et profits au retour au pays. L’échec est inconcevable.

2/ Avant l’inscription et la délivrance du visa, le niveau de maîtrise de la langue française a, normalement, été validé.

En fait, de multiples trous existent dans ce dispositif, ce qui permet de passer à travers les mailles du filet et de se retrouver, ensuite, devant d’insurmontables difficultés de compréhension et d’expression, notamment pour l’écrit.

Conséquences : d’interminables et épuisants apprentissages, par coeur, de bibliographies non assimilées et le recours massif au « copier-coller ».

Ce système ne peut d’ailleurs perdurer qu’avec la complicité de certains professeurs, arborant leur multiculturalité comme Monsieur Prud’homme son sabre, désireux de gonfler les effectifs de leur département, mésusant de leurs pouvoirs et, au final, surcotant ces étudiants.

La plupart du temps, les travaux sont indigents dans le fond et charabiesques dans la forme.

3/ Autant l’accès à des disciplines scientifiques n’est pas insurmontable, autant l’inscription dans des secteurs tels que le droit, les sciences humaines, la littérature,…doit être réservée à des candidats qui maîtrisent parfaitement l’expression orale et écrite mais aussi l’arrière-plan culturel et les modes de raisonnement et d’argumentation. ( Une incidente : la traduction en coréen ,dite définitive, de l’Ulysse de Joyce, par le professeur KIM Chong-keon contient 3.379 notes en bas de page…).

Les grandes écoles , quant à elles, ont des modes de sélection bien adaptés et, une fois l’étudiant en place, l’encadrent et le suivent, conscientes de leur obligation de résultat.

Ailleurs, celui-ci est laissé dans une insupportable solitude et à sa déréliction

Du vent dans les voiles…‏

Le port du voile : voilà un vocabulaire quasi maritime.

Sauf qu’entre le voile et la voile, il y a,  plus que la différence du genre, celle du sens.

L’expression « mettre les voiles », en faisant planer le doute sur le masculin ou le féminin, ne manque pas de sel (marin ) et  laisse libre (long) cours aux interprétations.

Pourrra-t-on conduire sa voiture costumé tel Zorro chevauchant sa monture et jouer à cache-cache dans les bureaux et à les piscines, acteur d’un bal masqué quotidien, ou sera-t-on dans l’obligation, au risque de condamner aux délocalisations les fabricants de maquillage et Gillette aux plus hauts sommets boursiers, d’apparaître sans fard ni artifices, glabre et sans piercing, le visage nu tel qu’au premier jour ?

Ce qui me désole, c’est l’absence de toute scénographie de cet évènement, qui s’apparente à la querelle narrée par Gulliver, lors de son voyage à Lilliput, entre gros et petits « boutiens », qui se crêpaient le chignons sur l’extrémité de l’oeuf qui devait être cassée pour l’ouvrir. 

Au temps des potes auxquels il était interdit de toucher, le jaune des  paumes illuminait les boutonnières badgées.

Récidivons avec un slogan, un graphisme et une zizique.

1ere  option : Carguez les voiles !

D’où : « Nique le niqab ! »

            Le délicat  profil de Shéhérazade  sur fond de soleil couchant

            Du slam, les décibels à foison étouffant l’indigence des textes et la pauvreté des rimes

2nde option : Hissez les voiles ! 

    D’où: « Touche pas à mon niqab ! »

             Une kalachnikof croisée avec un cimeterre sur fond d’Occident en feu

             Du Debussy ( au choix ) ou la suavité du 2nd mouvement (Romance ) du concerto No 20 de W.A. Mozart.

L’oxymore a des vertus.