
Category Archives: Politique
From Obama’s dreamland or death row…

Ces deux infos puisées dans Le Monde ont été mal classées. La nécro aurait dû les héberger plutôt que les faits divers.
Dans Vingt ans après, Alexandre Dumas a apporté un point final aux péripéties de ses Mousquetaires.
Au pays d’Obama, la conclusion de certaines aventures attend un peu plus : 27 ans pour les causes naturelles et 26 pour le définitif endormissement chimique.
Tout vient à point à qui sait attendre, chez les donneurs de leçons et les prestataires de serment sur la Sainte Bible.
Vespasien, la finance islamique, les marchands du Temple

image source http://archeopiplette.sosblog.fr
Deux hommes en burqa braquent le bureau de poste d’Athis-Mons. Croyant avoir affaire à deux femmes, un employé avait ouvert le sas de l’établissement. Butin : 4.500 €. (Le Monde du 9 février 2010)
S’agissait-il d’étudiants suivant le cursus du diplôme universitaire Principes et pratiques de la finance islamique, dispensé à Paris Dauphine ( frais d’inscription : entre 4.000 et 8.000 € ; 5 modules : finance fondamentale, environnement international, approches conceptuelles, banques/assurances ; technique islamique de la finance ) qui étaient passés aux travaux pratiques ?
Ou bien venaient-ils de Strasbourg où l’Université a inscrit à son programme un D.U. de Finance islamique, aux intitulés plus typés : droit musulman applicable à la banque et à la finance ; les banques islamiques, marchés financiers islamiques, régulation des institutions financières islamiques, management et gouvernance ?
A moins que ces braqueurs imaginatifs n’aient potassé, au calme chez eux, les coupures de presse relatant les exploits du gang des postiches, qui s’étaient fait la spécialilté, dans les années 80, d’opérer, bourgeoisement habillés, afin de passer inaperçus.
Selon le contexte, le trois pièces-cravate est aussi commun et monsieur ou madame-tout-le-monde que le voile intégral.
La finance islamique présente-t-elle des différences avec la finance judéo-chrétienne ?
En première analyse, aucune des deux ne semble avoir l’exclusivité des bulles.
Parties des Etats-Unis, les subprimes ont contaminé l’ensemble du corps bancaire européen et généré la crise que l’on sait.
Mais que dire du penchant de Dubaï pour les tours style Babel et un immobilier de loisirs fort kitsch se développant sur des îles artificielles dessinant sur la mer des branches de palmiers, au mépris de l’écologie marine ?
N’eût été l’aide d’un voisin, c’était la cessation de paiement, les bédouins rendus à leurs tentes et les tours inhabitées aux vautours.
Gharar et Maysir sont des mots-clés lancés lorsque la spécificité d’une finance aux couleurs de l’Islam est revendiquée.
Le premier désigne une vente risquée dont les détails sont inconnus ou incertains. Cette pratique est interdite par la charia qui condamne explicitement toute transaction impliquant un risque jugé excessif. La plupart des contrats à terme rentrent dans cette catégorie, en raison de l’incertitude qui entoure la délivrance du produit en cause.
Quelques exemples : l’achat d’un animal non né dans la matrice de la mère ; l’achat du produit de la pêche avant que celle-ci soit faite ; l’achat d’un butin de guerre avant sa distribution.
Maysir peut être défini comme toute forme de contrat dans lequel les droits des parties dépendent d’un évènement aléatoire ( par exemple, les jeux de hasard et les paris avec mises). Ce dispositif est également interdit.
Et alors, le séisme immobilier de Dubaï : comment les montages comptables et financiers des opérations de construction sont-ils passés à travers les mailles de ce filet et reçu l’aval des «gardiens » qui veillent sourcilleusement à la stricte application des préceptes ?
La formulation interrogative d’un livre récent – La finance islamique : une solution à la crise ? ( Jouini, Pastré ; édit. Europlace, Economica )-, ouvre le débat et introduit le questionnement.
Le couplage entre ces deux principes de sagesse et les acrobaties financières des promoteurs immobiliers de Dubaï ne paraît pas avoir été réalisé, la main droite ignorant ce que fait la gauche, sauf à démontrer que cette frénésie verticale et manhattanienne était un placement de bon père de famille, à risque nul, gros de substantielles plus-values, une combinaison à dormir sur ses deux oreilles, conseillée par un notaire de campagne à des héritiers prudents.
En plus de la prohibition de la spéculation, la finance islamique se réclame d’un autre maître-mot : ribâ.
« Je vous paierai, lui dit-elle/ Avant l’oût, foi d’animal/ Intérêt et principal », s’engageait la fourmi de La Fontaine vis-à-vis de la cigale, sollicitée pour un prêt personnel.
En application de la ribâ, un tel montage impliquant un taux d’intérêt assis sur un capital est interdit.
Ce concept de ribâ recouvre, en premier lieu, l’usure, qui est condamnée à l’unanimité. Mais, selon une majorité d’ulémas, il englobe aussi « l’intérêt sous toute ses formes ».
En fait, selon certains, les banques islamiques se contenteraient de jouer sur les mots: utiliser le terme de loyer aux lieu et place d’intérêt ; imaginer un schéma compliqué et tortueux, avec des écrans et des étapes nombreuses, pour dégager un profit, dont la quotité est au moins égale à celle qui serait produite par un taux d’intérêt, tout en respectant la lettre de la charia.
Une histoire court : aux U.S.A. , un candidat à l’achat d’une maison avait comparé deux offres de prêt : l’une émanant d’une banque quelconque, la moins attractive que celle-là…
Le sukuk est un produit obligataire qui répond aux prescriptions de la charia : il permet de contourner l’interdiction de la perception d’un intérêt. C’est un titre représentant une créance ou un titre participatif, dont la rémunération est indexée sur la performance d’un ou plusieurs actifs détenus par l’émetteur.
Comment de tels produits parviendraient-ils à séduire les prêteurs s’ile n’offraient pas des caractéristiques de sécurité et de rentabilité de même niveau que celles des montages conventionnels ?
In fine, quelle est donc la différence, le plus, l’avantage qu’apporte, en
terme de développement économique, le sukuk ? Sans faire preuve de relativisme, derrière l’habillage technique ou sémantique, c’est, quasiment, bonnet blanc et blanc bonnet.
L’empereur Vespasien, dont la société J.C. Decaux est le lointain descendant, a légué son nom à un édicule. Répondant à ceux qui le critiquaient le péage que devaient régler les utilisateurs, il avait répliqué, réaliste, que l’argent n’avait pas d’odeur. Il ne s’embarrassait pas des apparences.
Quant à un autre monothéisme, comment se débrouille-t-il avec l’argent ?

image source http://home.nordnet.fr
La lecture des Quatre Evangiles ne laisse guère apparaître qu’une situation au cours de laquelle Jésus se livra à des voies de fait. L’épisode est relaté par Matthieu, Marc, Luc et Jean. Il est connu comme celui de marchands du Temple. Une gravure de Gustave Doré montre Jésus, tenant à la main une corde qu’il manie comme un fouet, au dessus de la tête de quatre marchands, se protégeant maladroitement des coups.
Dans une description presque identique, les Evangélistes indiquent que Jésus renversa les tabourets et les tables des marchands et des changeurs en les accusant d’avoir fait de la maison de son Père une caverne de brigands et de voleurs.
Est-ce-à dire que le business est péché mortel et aller simple pour l’enfer ? Bien sûr que non, même si certaines pratiques déviantes ont, très tôt, été condamnées. Ainsi, le prêt à intérêt, banni par les Pères de l’Eglise.
St Thomas d’Aquin s’est inspiré des principes aristotéliciens, selon lesquels l’argent ne fait pas de petits, étant stérile. Le temps n’appartenant pas aux prêteurs, ceux-ci ne peuvent le vendre. L’argent n’est qu’un intermédiaire des échanges.
Calvin introduisit une distinction entre deux catégories de prêts. Les uns, qui permettent la création et le développement d’entreprises, qui procurent un profit à celui qui ne bénéficie, peuvent être assortis d’un intérêt considéré comme légitime.
Les seconds, non productifs, tels les prêts à la consommation, doivent être gratuits.
Au fil des siècles, la question de la « constitutionnalité » canonique du prêt à intérêt a été pesée, analysée, débattue et rebattue. Un article du Père J.C. Lavigne retrace les étapes de cette réflexion.
En 1745, l’encyclique Vis pervenit, qui était une non-réponse de BenoîtXIV au problème : « La ville de Vérone peut-elle emprunter au taux de 4% ? », introduit la distinction entre les situations où l’intérêt était prohibé et celles où des causes extrinsèques l’autorisaient.
De toutes façons, Rome ne voulait pas se placer sur le terrain du conflit théologique, mais sur celui de la pratique et du discernement pastoral. Les penseurs du Siècle des Lumières et les Encyclopédistes s’empareront du sujet et considéreront que le taux d’intérêt est un loyer légitime. La Révolution légalisera le prêt à taux fixe. Le Code civil napoléonien, en fixant un taux légal, marquera la frontière entre les prêts légaux et les prêts usuraires, interdits.
Les discussions au sein de l’Eglise se poursuivront, sur fond de révolution indutrielle et de développement des échanges économiques. En 1891, Léon XIII, dans Rerum novarum, fustige « l’usure dévorante » qui prolétarise certaines catégories sociales. Mais, en 1917, le code de droit canon concède que la prestation de biens fongibles, tels que la monnaie, peut être assortie de la perception d’un intérêt.
Depuis Paul VI, le débat s’est déplacé sur un autre terrain : celui de la « grande finance », de la spéculation, de la manipulation des taux de change et, plus largement, sur l’affirmation que le lien social n’est pas réductible aux seules lois du marché.
En complément de ces morceaux choisis de littérature sacrée consacrés à l’épisode des marchands du Temple, Goriot, Grandet et Harpagon viendront apporter la preuve par neuf des méfaits de la cupidité, sans oublier la « livre de belle chair à découper et prendre en la partie de votre corps qu’il me plaira » que Shylock exige d’Antonio, en garantie du remboursement des 3000 ducats empruntés.
En fait, La Mecque et Rome sont, l’une et l’autre, bien empêtrées dés lors que l’on parle gros sous.
On les comprend sachant que Freud considérait que, peu ou prou, cette substance était un excrément. Vespasien n’est pas loin !!!
…………………………………………………………………..
La Tronche et la tronche
Deux noms peu usités, l’un propre, le second commun, qui, tout-à-coup ont les honneurs des médias et appartiennent pour un court temps au vocabulaire de l’actualité.
Frêche, candidat aux régionales, désormais politiquement excommunié, lui et ses sectateurs, avait été puiser ce vocable pour étiqueter Fabius, qui ne s’était pas privé de quelques gracieusetés à son égard. La réponse de la bergère languedocienne au berger normand fut d’une autre verdeur. Langue d’oc versus langue d’oïl.
Personne n’a relevé comme insultant l’usage de tronche, cependant catalogué dans Le Robert comme « fam. », qui renvoie à trombine et, de là, à tête et visage.
Le nom propre La Tronche, celui d’une commune près de Grenoble, se retrouve dans la rubrique des faits divers sinistres. Au cours de la nuit du 9 au 10 février, trois adolescentes y ont torturé pendant des heures un quinquagénaire pour lui extorquer ses économies.
TRONCHE : il est donc des mot maudits, avec ou sans majuscule, qui sous-tendent la violence, l’invective, la férocité, la brutalité et dont le seul prononcé renvoie à des abîmes de noirceur, en quelque sorte prédestinés à la tragédie.
Frêche aurait utilisé tête ( bien intello sauf quand elle est à claques), bille ( bien rond et rigolard ), frimousse ( naïf et enfantin) , gueule (viril, mais il en est de belles), trombine ( clownesque), facies ( policier ), l’adjectif catholique dont il l’avait flanqué eût sans doute perdu une partie de sa charge antisémite.
Quant à la bourgade theâtre des actes de barbarie, comment imaginer qu’auraient pu leur servir de décors ces lieux aux noms et sonorités enchanteresses qu’Eluard égrène dans Le Conscrit des cents villages ? « L’odorante fleur du langage », le poète la décèle à Caresse, Avoine, Abondance, Joyeuse, Bussy-le-Repos, Croismare, Pré-en-Paille, Trinquetaille, pour ne citer qu’eux.
Quelle pesanteur, quel poids, quelles « changeantes couleurs » ont les voyelles, mais aussi les consonnes !
Proust ne s’y était pas trompé : «Le nom de Parme, une des villes où je désirais le plus aller, …, m’apparaissait compact, lisse, mauve et doux… ; Lamballe qui, dans son blanc, va du jaune coquille d’oeuf au gris perle ; Coutances, cathédrale normande, que sa diphtongue finale, grasse et jaunissante, couronne par une tour de beurre ;… » (Du côté de chez Swann )
Alors, La Tronche et la tronche ?
Essayez donc de prononcer ces syllabes avec de la purée plein la bouche !!!
Les lettres s’entrechoquent, se fracassent et se brutalisent dans une cacophonie de bataille de rue. Même paisiblement énoncée, la succession des sons est d’une grande vulgarité.
Autant s’en détroncher, c’est-à-dire tourner la tête, se détourner, si l’on en croit le glossaire argotique d’Albert Simonin, en postface de Touchez pas au grisbi.
L’empreinte carbone de l’enfant unique
L’empreinte carbone de l’enfant unique
Existe-t-il, à l’image d’Airparif, un AirBeijing-if ?
Le long de quels rings sont installées les sondes et testeurs qui permettent de suivre la pollution et les microscopique particules qui viennent s’insinuer subrepticement dans les sinus, bronches et bronchioles des Pékinois ?
Il ne suffit pas, comme il fut édicté au moment des Jeux Olympiques, de casser le thermomètre, c’est-à-dire de fermer les unités polluantes situées à la périphérie de Beijing ni de réguler la circulation en fonction des numéros des plaques minéralogiques, pairs les jours pairs et impairs les autres.
Un souvenir personnel : celui de toux sèches, nocturnes, récurrentes et tenaces lorsque j’avais longtemps roulé en vélo dans les rues de Suzhou, au cours d’une séjour prolongé, il y a quelques années, sans nul doute imputables à la basse qualité de l’air que j’inhalais.
Depuis, la situation a empiré, liée à l’explosion industrielle et au développement de la circulation automobile ( à Beijing, 2000 véhicules supplémentaires par jour).
Le droit à polluer, tel que revendiqué par l’Empire, est la réponse du berger asiatique aux bergères européenne et américaine, qui ne s’en sont pas privées lors de leurs révolutions industrielles puis, pour nous, des Trente Glorieuses.
« Comment voulez-vous que nous émergions et que nous vous approvisonnions en produits de tous ordres si vous nous mettez des bâtons dans les roues et, tel un pur-sang trop doué, nous infligez un handicap insurmontable ? » Tel est , à peu près, le langage tenu par le Gouvernement chinois.
Je m’étonne que d’autres arguments n’aient pas été avancé par Pékin pour contrecarrer les critiques : celui de l’enfant unique et des bénéfices environnementaux que cette politique a générés pour la planète.
A ma connaissance, un seul gouvernement a su imposer et faire respecter ces dispositions natalistes d’un type particulier, que Malthus n’aurait pas désavouées.
La mesure date de 1970 et des Quatre Modernisations. Assortie de pénalités pour les couples qui l’enfreignaient, avec des exceptions prévues pour les minorités, puis quelques assouplissements, elle est toujours en vigueur et a joué un rôle décisif dans l’inflexion de la démographie chinoise.
Quel serait l’état de la planète si Deng Xiao Ping n’avait pas édicté une telle mesure ?
Combien serions- nous à piétiner le globe ? Aux démographes de calculer, ex post, le nombre de bipèdes supplémentaires et aux économistes de simuler leurs besoins alimentaires, les pressions exercées sur l’environnement et les pollutions subséquentes.
Si la natalité a été gérée comme un facteur de développement et si sa maîtrise a contribué à l’enrichissement de la Chine, que dire néanmoins de la face sombre de cette politique ?
Dans un milieu pêtri de traditions confucéennes, quelle n’a pas été la souffrance psychologique de parents soumis à un tel diktat qui rompait en visière avec des siècles de familles nombreuses et de descendants mâles chargés de rendre hommages aux esprits des ancêtres !
A ce jour, combien de couples m’ont dit leur tristesse de se limiter à un enfant, alors qu’ils désirent en avoir deux ou trois.
Aux bénéfices environnementaux , il importerait donc d’ajouter ce pretium doloris, à valoriser par des actuaires.
La somme de ces ceux éléments serait alors à porter au crédit du compte « environnement » de la Chine afin de prendre en compte la globalité du problème et ses exactes dimensions, au delà d’une aune eurocentrée et d’unvert trop vif.
Malthus et l’Empire du Milieu, où les sommes à porter au crédit environnemental de la Chine
L’homme et le style
Frêche estime que Fabius n’a pas une tronche de catholique.
Peut-on dire que, franchissant la ligne jaune, il a commis une infraction lourde , justifiant le retrait immédiat de son permis d’élire socialiste ?
Ou bien, se verra-t-on taxer, comme cet agrégé de droit, de racisme, l’adjectif qui qualifie la ligne renvoyant, au delà d’une entorse au Code de la route, à la couleur de l’étoile que les nazis enjoignaient aux Juifs d’arborer ?
Bussereau assimile certaines personnes à des harkis, pour illustrer des attitudes qui génèrent un grande désordre dans les candidatures aux régionales
Aurait-il dû, plutôt, s’exclamer : « Quel souk ! » ?
Le risque majeur, pour lui, était de s’entendre condamner d’une dérive langagière puisant ses racines dans un inconscient glauque et boueux, et des stéréotypes outrageants pour les habitants de pays où l’arabe, sous ses diverses versions, est parlé.
Les cris poussés par les gardiens du langage laïc et républicain ressemblent, à s’y méprendre, à ceux des orfraies. Ils réclament une chasse à courre aux expressions imagées dont est émaillé notre vocabulaire.
Les fumées des autodafés, les auraient-ils oubliées ?
Si cette ambiance persiste, le téléphone arabe m’informe que je dois filer à l’anglaise, après avoir ri jaune à l’écoute d’histoires belges racontées par des policiers souls comme de Polonais, escortés d’hommes de la Mafia et de gangsters de Chicago.
Imaginons un instant les situations qui pourraient se présenter avec la Chine, si celle-ci prenait la mouche !
Sarkozy jeté dans les griffes des dragons pour avoir dit au Président Hu :« Epargnez- moi vos chinoiseries ! ».
L’ambassadeur de Chine à Paris exigeant que le célèbre café des Deux Magots change son enseigne au motif que ces personnages offrent une image ridicule et dévalorisante du pays qu’il représente et que ce lieu mythique devienne, en ces temps de préoccupations écologiques, et par souci de symétrie ( Ying et Yang) avec Le Flore voisin, le Café de Faune.
Hélas, le ridicule ne tue pas.
Je ne sais plus quelle haute autorité morale a demandé que le Tintin au Congo, de Hergé, soit expurgé des phylactères et cases jugés désormais racistes à la lueur de nos Nouvelles Lumières.
Des associations américaines, protectrices du loup, se sont élevées de façon virulente contre l’image terrible que Prokofiev a donnée de l’animal dans Pierre et le Loup.
Tout dernièrement, certains groupes ont demandé que l’écrivain Ungerer fasse disparaître de la couverture d’une histoire pour enfants – Les trois brigands – les hallebardes, bien trop violentes, belliqueuses et traumatisantes pour de jeunes neurones.
A tous ces procureurs, caviardeurs de textes et metteurs à l’index, une consigne : lisez Tartuffe !
Revenons à nos moutons, Frêche et Bussereau.
Que les électeurs concernés fassent leur choix, le bulletin de vote étant une manifestation somme toute bien agréable de la liberté d’expression.
S’agissant d’éloquence politique, puisque c’est de celà qu’il s’agit, Jaurès la définissait ainsi : «Le geste part, la parole suit, la pensée vient presque aussitôt. »
Mais, mesurées à l’aune du taux de chômage et du ratio Dette publique/PIB, ces querelles sémantiques, que font-elles sinon amuser la galerie et nous barbouiller les carreaux ?
L’IMBROGLIO PROGLIO
«L’as-tu vue, la casquette, la casquette,
L’as-tu vue, la casquette du Père Bugeaud ?
Elle est faite, la casquette, la casquette,
Elle est faite avec du poil de chameau »
(Air connu)
Changez le brave Maréchal Bugeaud et, même si la rime est bien pauvre, remplacez-le par Proglio.
Pour être complet, changez aussi le couvre-chef. La casquette restant prolétaire même tissée en poil de chameau, devient chapeaux.
Et au pluriel, car chapeauX il y a.
Les retraites dites « chapeau » d’abord.
Cerises sur le gâteau : connaissant la taille du fruit rouge, on infère celle de la pyramide qui la supporte. C’est une retraite, anticipée certes, mais joyeuse, festive, avec confetti, flonflons et lampions. Aux flambeaux en quelque sorte.
Ces chapeaux sont rutilants. Ils vont par deux: un pour la saison chaude, style panama, si fin que ,roulé, il passe à l’intérieur d’une alliance ; le second, pour les frimas, velu et confortable,à l’image de ceux que portaient les dignitaires entourant Staline sur les tribunes de la Place Rouge.
Je peux les imaginer aussi brodés de feuilles d’or, comme les gapettes des préfets, les kébours des généraux ou les bicornes des Habits Verts.
De toutes façons, ils valent leur pesant d’€, sans doute achetés à un descendant de l’illusionniste Houdini qui en faisait sortir louis d’or et stocks options, à tire larigot.
ChapeauX également, en terme de responsabilités.
Proglio se connecte à EDF mais demeure branché à Veolia. J’appréhende le moment où ce manager bicéphale se mélangera les pinceaux et les hémisphères cérébraux et fonctionnera dans les bureaux d’EDF avec les neurones fossilisés d’un retraité, et, dans les conseils de Véolia, avec l’impétuosité d’un dirigeant qui défend bec et ongle ses actionnaires. De toutes façons, je fais confiance à ses talents de manoeuvrier pour, en cas d’échec, ne pas porter ce chapeau-là et le filer à un tiers.
Avers/ revers : où se situent l’une et l’autre de ces sociétés ?
Docteur Jekyll et Mr Hyde ??? Où sera-t-il le bon et où le méchant ?
Janus, le dieu à deux faces, dont le temple symbolisait la paix et la guerre ? Laquelle des deux faces présentera-t-il chez l’une et l’autre ?
Proglio est mûr pour un consultation à l’hôpital Ste-Anne, auprès d’un spécialiste du dédoublement de personnalité. En guise de thérapie préventive, je lui conseile la lecture d’un des récits cliniques d’Olivier Sacks, un psychiatre auteur de l’ouvrage L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau.
In fine, et la chute est facile : au choix « Le cas Proglio, un imbroglio » ou « Chapeau bas ! ».
Madame C. DUFLOT : quel débit ?

image source agoravox.fr
Ce matin, sur France Inter, vers 8 h 20, Madame Duflot, candidate Vert aux régionales en Ile-de-France.
En voilà une qui porte bien son nom…qui coule de source !
Superbe preuve par neuf des développements de Roland Bathes sur les liens entre le nom et la chose, et le choix par Proust des patronymes de ses personnages.
Tudieu ! Comment qualifier ce qu’elle déverse ? Quel hydrologue convoquer pour identifier la précipitation ( la bien nommée ! ) dont elle use et tracer la carte des bassins versants qu’elle va irriguer ou décaper jusqu’à l’os, toute pellicule de terre arable arrachée ?
Un ru ( cours court, en deux lettres pour les cruciverbistes) ?
Que non !
Elle n’en a pas la modestie et n’émane pas d’elle la certitude que les petits ruisseaux font les grandes rivières et que le cours le plus majestueux commence par un filet sourdant d’un rocher.
Un torrent ?
Non plus.
Manquent les gerbes d’écume, les ruptures de rythme, l’énergie désordonnée, les arcs en ciel que le soleil y dessine fugacement, les irisations, le côté festif.
Une rivière à truites ?
Non plus.
Où sont les chatoiements du courant, les surprises des trous d’eau, les éclairs des poissons qui surgissent, cabrés, pour gober les mouches ?
Un fleuve impérial : le Niger en période de hautes eaux, le Yang Tse que Mao traversa à la nage selon la vulgate communiste, la Meuse endormeuse enserrée dans ses vallées ardennaises, le Gange et ses sadous quiviennent s’y baigner nus, le Nil piqueté de felouques ?
Nenni !
Absents la puissance, le côté immémorial, les vertus fertilisatrices, l’impression de paix et d’immanence, la planéité pacificatrice.
Que sont alors ces phonèmes que la candidate débite, au kilomètre, sans une pause ni un silence, sur un ton monocorde de récitation d’un catéchisme, sentencieux et moralisateurs ?
Eureka ! J’ai trouvé. C’est le robinet d’eau potable de mon évier. Sans goût, insipide et inodore, mais intarissable. Rien ne flotte ni ne surnage sur ce flot flou.
J’ai coupé le son avant la fin de l’interview, laissant planer un doute. Le journaliste allait-il lui demander la température de l’eau aux Maldives ( bien maladives et mal parties ), lieu de vacances de la candidate à Noël ( Foin de l’empreinte carbone ! ) ?
P.S. J’oubliais la promesse phare de Madame Duflot : la création en Ile-de-France d’un pass vert trans-zones, à 65 €, afin de créer une solidarité entre franciliens.
Sauvés , vous dis-je !!!
Grand seigneur ou petit saigneur ?
Il s’était promis de pendre les « coupables » à un croc de boucher.
Voilà une belle exposition, post mortem, comparable à celle que les partisans italiens ont réservée à la dépouille de Benito Mussolini et à celle de sa maîtresse, Clara Petacci, après leur exécution.
L’exhibition du cadavre du Che, c’était de l’imagerie sulpicienne.. L’antique histoire de l’abandon aux charognards auquel était promis le cadavre de Polynice, si Antigone n’avait pas enfreint les ordres de Créon, une bluette.
Il lui faut du sang, de l’équarrissage, de la barbaque, de la viande dépecée, et sur la place publique.
Passant en vélo devant une boucherie, à deux pas de chez moi, il m’arrive de temps en temps de laisser passer deux malabars, vêtus de blanc, qui débarquent d’un camion frigorifique des demi-carcasses de boeufs, crochées par le talon à leur support métallique, les prendre à bras le corps et les transporter pesamment, dans une sorte de tango titubant et sanglant, à l’intérieur de l’établissement.
Les réglementations sanitaires interdisent désormais de laisser à l’étal tous ces écorchés dont les grosses mouches bleues jadis se délectaient. Mais, pourquoi ne pas renouer avec ces pratiques barbares et les appliquer à des bipèdes qui pensent ?
Et tout ça, pour une magouille de Pieds Nickelés, de branques allumés, de Polytechnicien apparenté au savant Cosinus, d’agrégé de maths en rupture d’équations, de barbouzard graphomane, de bretteur à la toison grisonnante égaré dans le monde numérique.
Quel auteur de polar s’aventurerait dans une telle intrigue, sauf à encourir la critique d’avoir jeté le bouchon trop loin ?
Jouant le grand seigneur, Il aurait pu se rallier les rieurs en mettant en exergue, dès le départ, les rouages de cette fantasmagorie, son côté branquignol et, en prononçant « listing » avec l’accent de Cantona, assurer la rime avec « dingues ».
Ce n’était quand même pas la tragédie à laquelle fut confronté Dominique Baudis, ni l’infamie du montage d’une affaire qui visait à discréditer Pompidou à travers sa femme.
Là, des gros sous. Des noms, des montants. Une banque qui compense. Bref, toute la délicate poésie du Grand Duché. Il n’y manquait qu’une femme pour parfaitre le décor.
Faut-il qu’il soit épidermiquement sensible à l’or et à l’argent pour être monté au créneau avec tant d’ardeur !
Le manège judiciaire va repartir pour un tour, sachant qu’il reste, éventuellement, après la Cour d’Appel, l’échelon de la Cour de Cassation.
Cette machine coûte très cher à faire tourner et, à l’inverse des Etats-Unis, la Chancellerie reste muette sur les dépenses qu’entraînent les grands procès.
Pourquoi ne pas intéresser le procureur Marin au fonctionnement, du système en lui envoyant la facture de tous les frais provoqués par sa décision, si la Cour confirme le premier jugement ?
Son prurit procédural s’en serait trouvé douché, sans nul doute.
Les ténors du barreau peuvent commencer à se chauffer la voix et à écrire un nouveau livret.
« La clémence d’Auguste », tel est les sous-titre que Corneille donnait à Cinna, l’une de ses tragédies.
« Le petit saigneur » conviendrait à ce mélo médiocre, qui transforme tout un chacun en sarkophage.
Dray ( Julien ), l’accro du barreau !!!
“Contrairement à l’ex-garde des sceaux Rachida Dati, Julien Dray a vu sa candidaure au barreau de Paris rejetée, au motif qu’il ne dispose pas des diplômes suffisants.” Le Monde du 27/01/10
Sa candidature “aux barreaux” a, il y a peu, failli être couronnée de succès, à son corps défendant.
Nul doute qu’il ne se soit, au fil de dossiers passablement embrouillés, familiarisé avec le maniement des articles de divers codes, notamment le pénal.
Sans doute a-t-il déjà en portefeuille la clientèle du Syndicat des horlogers, de Rolex, de Patek Philip,de S.O.S. Racisme…
Mais, pour l’Ordre des Avocats celà ferait désordre que d’accepter en son sein une telle pièce rapportée.