François Blocquaux

Dray ( Julien ), l’accro du barreau !!!‏

“Contrairement à l’ex-garde des sceaux Rachida Dati, Julien Dray a vu sa candidaure au barreau de Paris rejetée, au motif qu’il ne dispose pas des diplômes suffisants.” Le Monde du 27/01/10
 
Sa candidature “aux barreaux”  a, il y a peu, failli être couronnée de succès, à son corps défendant.
Nul doute qu’il ne se soit, au fil de dossiers passablement embrouillés, familiarisé avec le maniement des articles de divers codes, notamment le pénal.
Sans doute a-t-il déjà en portefeuille la clientèle du Syndicat des horlogers, de Rolex, de Patek Philip,de S.O.S. Racisme…
Mais, pour l’Ordre des Avocats celà ferait désordre que d’accepter en son sein une telle pièce rapportée.

Haïti : Aïe !!!‏

Haïti : les 12000 GI’s sont arrivés avec leurs gros sabots et leurs rangers aux pieds dans un pays indépendant depuis 1808.
Je m’étonne des cris d’orfraies poussés par ceux qui s’étonnent de cette invasion et des méthodes employées. Rappelez-vous qu’en 1944 il était prévu de transformer le France en un protectorat, sous gouvernance U.S. Des billets de banque avaient même été imprimés.
Mieux vaut pour Obama des adeptes du vaudou implorant un Dieu impitoyable que des djihadistes, les chaussettes pleines de pentrite.
Mais sa patte est aussi rude que celle de son prédécesseur.
Vous avez vu la “mésaventure” qu’a connue Tiger Wood, le chamion de golf, qui se dépensait ailleurs que sur les greens. Ses failles sont apparues.
Réserve faite des galipettes, je vois une certaine analogie avec Obama, dont le côté lisse et prêcheur masque mal, désormais, le véritable aspect du personnage, pro de la politique et de la com.
Comme dans le conte d’Andersen, le roi est nu.

Courage, fuyons !‏

Impayable Peillon !!!
Quel bateleur, hors antenne ! Quel poseur de lapin !
Cet agrégé de philosophie avait dû, le jour de l’émission à laquelle il était convié, relire Machiavel et/ou Heidegger.
A la trappe Kant, Bergson, Ricoeur, Hegel et les autres.
D’autant que la raison essentielle de son refus, ainsi qu’il l’explique, c’est la volonté d’occuper le terrain et le fauteuil de l’invité et de barrer la route à tout autre qui l’aurait remplacé s’il avait signifié plus tôt son refus.
“Construire”, dit-il.

Lecture recommandée‏

Les Américains ont donc débarqué à Haïti.
Ce fut plus facile qu’à Cuba, dans la Baie des Cochons.
” Pousse-toi de là que je m’y mette ! Une fois les lauriers cueillis et la démonstration de ma puissance technologique faite, je vous laisserai la place.”
Lisez donc – c’est en B.D, donc d’accès facile ! – L’histoire populaire de l’Empire américain ( Howard Zinn, Mike Konopacki, Paul Buhle). Il existe une traduction en français, chez Vertige Graphic.
Le livre s’ouvre sur le massacre des Indiens, en 1890, à Wounded Knee et se clôt sur La guerre permanente : le consensus des deux partis.
Je pense qu’il y aura des addenda…
Une image fugace au journal télévisé. L’aérodrome de Port-au-Prince. Des gros porteurs débarquant hommes, chiens et équipements. Et puis, deux fières bannnières flottant au vent ( style le drapeau russe au sommet du Reichstag en ruine, ou le drapeau américain à Iwo Jima ). Elles sont rouge sang de boeuf, avec des étoiles : voilà les Chinois !!! Qu’on se le dise et qu’on le voie !
Les chiens pissent autour des réverbères pour marquer leur territoire, eux.
Manifestement, les autres pays sont plus discrets ou plus brouillons quand ils font leur paquetage.
P.S : Si vous prenez un billet d’avion, attention au lapsus : Haïti n’est pas Tahiti, non plus que Goa Gao.

L’AIGLE A DEUX TETES

OBAMA0004Entre ces deux sceaux du Président des Etats-Unis, quelle est la différence ?

Vous donnez ,bien sûr, votre langue à l’aigle.

L’oiseau emblématique a tourné la tête.

Là, il regardait le faisceau de flèches que ses serres de gauche agrippent.

Ici, il fixe le rameau d’olivier, tenu dans les serres de gauche.

D’un côté, la guerre, le conflit, le napalm, les ogives et le feu nucléaire.

De l’autre, la promesse de jours paisibles, dans des vallées où coulent le lait et le miel.

Le changement de graphisme eut lieu en 1945, sous la présidence Truman, ce qui ne manque ni de sel ni d’uranium. Hiroshima et Nagasaki en sont les preuves.

Au moment où Obama en remet une sérieuse louche en Aghanistan avec l’envoi de 30.000 homme en rab, alors qu’il s’apprête à aller cueillir les lauriers suédois d’une Paix qui n’a pas de prix, il serait bon que l’aigle, telle la girouette ou le coq de nos clochers, fasse subir à son bec un virage de 180° et regarde les symboles de l’affrontement, plutôt que la branche que la colombe portait dans son bec, annonciatrice  pour Noë de la fin du déluge et de la colère de Yahweh.

Versatile volatile, décidément.

Obama va y laisser quelques plumes.

LA CHASSE AU GARDE-CHASSE

La chasse au garde-chasse vient de connaître un nouvel épisode, celui de son retour en cage, entraînant dans son sillage deux personnes qui l’ont  nourri et hébergé après son alexandredumastesque évasion.

La mise en cabane de deux de ses amis surprend et étonne : le motif est le recel de malfaiteur.

Si la future Cour d’Assises acquitte Treiber, l’intime conviction des jurés n’étant pas emportée par les témoignages et les arguments du Procureur, le terme de « malfaiteur » apparaîtra, après coup, bien insultant, et l’incarcération des « complices » fort précipitée.

Suffit-il d’être derrière les murs pour muter et devenir « malfaiteur » ?

Bien que le Procureur, dans ses interventions télévisées donne à l’ex-évadé du « Monsieur Treiber », long comme le bras, quelle n’a pas dû être la pression à laquelle il fut soumis de la part de la Chancellerie !

Les bandes vidéos des caméras de surveillance, filmant l’échappé, se promenant peinardement le nez au vent, étaient autant de pieds de nez au déploiement policier, hommes et chiens mis dans le même sac et à l’armée de profileurs et de psys passant au crible les missives, afin d’y démêler le signifié et le signifiant, le bon grain et l’ivraie, le vrai et le faux.

L’évasion, la belle, l’échappée belle, c’est la provoc majeure, le coup de pied au cul des « gardiens » de l’Ordre.

D’où cette réaction disproportionnée, sauf à utiliser la détention provisoire comme un instrument de torture destiné à arracher des aveux sur d’autres « complicités ».

Reste, bien sûr, la mort de deux jeunes femmes et la douleur de leur famille, qui vient d’être réveillée et avivée par ces péripéties  rocambolesques.

Les bus de Manhattan

Bus_Manhattan-36ee9Parisien depuis quelques années, j’utilise les bus de la RATP sur des liaisons « bourgeoises », : les conducteurs ne sont pas agressés, les véhicules ne sont pas caillassés, une certaine convivialité règne.
 
Cependant, quelle divine surprise, retrouvant New-York après 12 ans, de se replonger dans l’ambiance de ces bus up ou down, est ou ouest.
 
L’accès et la sortie s’opèrent par l’avant. Les entrants attendent patiemment que les partants aient vidé les lieux. Les handicapés et les personnes âgées bénéficient de facto d’une priorité. Les sièges qui leur sont réservés se libèrent sur le champ.
 
Et, comble de stupéfaction, TOUT LE MONDE PAYE SA PLACE, soit par carte, soit en liquide. Pas de resquille.
 
L’accueil par le chauffeur est cordial, voire chaleureux.
A preuve !
 
Je verse au débat, tel un ethnologue ayant fait la fouille du siècle, une lettre parue dans le courrier des lecteurs du New-York Times, le 26 octobre :
 
« Ceci m’est arrivé l’autre jour et je fus à ce point émue que je pense que tous les New-Yorkais doivent en être informés.
Je traversais Lexington Avenue pour prendre un bus qui allait vers le bas de la ville quand j’en aperçus un qui attendait à l’arrêt. Etant mal voyante et ayant une canne, j’ai essayé de marcher aussi vite que possible.
Quand j’arrivai à l’arrêt de bus, celui-ci était déjà parti.
J’attendais le prochain quand un homme s’approcha de moi.
« Puis-je vous aider à prendre le bus ? » me demanda-t-il.
« Il est déjà parti. » lui dis-je. « Il a tourné le coin, donc il est vraisemblable que le chauffeur ne vous permettra pas de me faire monter. »
« Je SUIS le chauffeur . » me dit-il.
Je réalisai alors qu’il avait laissé le bus et tous ses passagers qui attendaient afin d’aider une personne étonnée et reconnaissante à parcourir un demi pâté de maisons pour grimper à bord. »
 
Imaginez un instant les clameurs de protestations et le concert de klaxons du côté de Denfert-Rochereau dès lors qu’un conducteur s’aviserait de procéder de la sorte, et les violences verbales, préludant à des échanges plus musclés, s’il s’avisait de refuser l’entrée aux non-payeurs.

A Canossa ou à Tokyo ?

OBAMA_2-b2d08
Obama, plié à 90°, devant l’empereur du Japon, souriant.
 
Quelle est la taille de l’un et de l’autre ? Que prescrivent le protocole et l’étiquette ? Que recommandent les bonnes manières, en 2009 ? Que fut-il convenu lors des discussions préparant cette visite, dans un pays aussi « codé » que le Japon ?
 
Des souvenirs d’adolescence me reviennent : ceux des distributions de prix, en fin d’année scolaire, à l’Institution St-Remi, de Charleville-Mézières,dans les années 50, présidées par l’archevêque de Reims, au cours desquelles les prix d’excellence allaient prendre leurs livres, après avoir gravi en tremblant les marches de l’estrade, s’être agenouillés et avoir baisé l’anneau du prêlat.
 
Obama a donc fait une sorte de révérence, plus affirmée que celle de Carla devant la Reine d’Angleterre, à mi-chemin de la prosternation et de l’inclinaison de la tête.
 
Evidemment, quand un président qui a les mensurations d’un joueur de basket se casse en deux, c’est spectaculaire, d’autant que la différence de taille avec le minuscule Empereur Akihito est manifeste.
 
OBAMA0001-68987
Un autre souvenir surgit alors : celui des photos prises au moment de la signature de la reddition du Japon, sur le pont du cuirassé Missouri mouillé dans la baie de Tokyo, le 2 septembre 1945 à 9 heures du matin.
 
A la fin de cette tragédie en plusieurs actes, les acteurs sont disposés en L. Sur les deux branches : les représentants des Alliés, en bras de chemise, sauf les Britanniques. Leclerc est présent, le seul à arborer un képi..
 
Dans l’espace libre, une table, sur le tapis de laquelle sont posés les instruments de la capitulation, qui vont être signés, et une chaise. Devant, sont alignés sur deux rangs, les neuf membres de la délégation japonaise – 6 militaires et 3 civils-, figés, raides, au garde-à-vous, avec la tête des mauvais jours.
 
Gibus, queue de pie, col cassé et lunettes rondes pour un des plénipotentiaires, le Ministre des Affaires étrangères, qui s’appuie du bras gauche sur sa canne.
 
Vareuse, fourragère, décorations, bottes, mais pas de sabre, pour les militaires.
En face, MacArthur, en chemise, col ouvert sur lequel figurent ses étoiles, n’arborant pas de décoration, la jambe gauche en avant, les mains croisées dans le dos, la visière de la casquette lui masquant les yeux, regarde d’un air las et désabusé, un général vaincu apposer, debout, son paraphe.
 
64 ans se sont écoulés entre ces deux postures américaines.
 
Le contraste est d’autant plus vif qu’Obama a fait part de son intention de se rendre sur les deux lieux où l’horreur nucléaire fut consommée au nom da la Pax Americana.

Requiem pour Christian POVEDA

Christian Poveda a été exécuté ou assassiné. Sa disparition a suscité indignation et émotion ainsi qu’une prose abondante sur les dangers et l’évolution du métier de photo-journaliste.

Avant hier, à la télévision, chez Taddeï, la bande annonce du documentaire tourné par Poveda, Vida loca, a été projetée puis bissée quelques instants plus tard, au cas où l’on n’aurait pas compris les messages véhiculées par ce collage d’images de violence basique: des ados tabassant avec férocité un des leurs, une femme pâmée dans sa douleur, un cadavre difficilement ensaché dans un grand sac de plastique noir, les menaces proférées par un colosse membre d’un des deux gangs qui mettent le Salvador  ( Quelle ironie que ce nom !) en coupe réglée,…

Et alors ? ai-je envie de dire. Quels enseignements et quelles vérités tirer de cette esthétique morbide et de cette débauche de haine et de sauvagerie, sous-tendue par les gros sous noirs de la drogue ?

Qu’apportent ces descriptions, que l’on ne savait déjà, et qui ne sont que la duplication, sous une latitude d’Amérique Centrale,  d’autres horreurs, échos sinistres au vers d’Aragon «  Et l’enfant de la femme inutilement né ».

Cela valait-il la peine que Poveda courre tant de risques,  « traite » avec ces individus sans foi ni loi,  joue avec eux à la roulette russe, et, au final  risque sa vie et la perde ?

«  Ne jamais manger avec le diable, même avec une grande cuiller » dit la sagesse des nations.

Qui dira la fascination perverse que ces mafieux ont exercée sur le reporter, à l’image de ce qui arriva  il y a quelques années au journaliste Tillier qui décrocha une interview  de Mesrine et s’en sortit miraculeusement, le corps criblé de balles, l’ennemi public l’ayant laissé pour mort ?

L’ivresse que procurent le franchissement des limites et le tutoiement de l’impossible, Poveda n’est pas le seul à y avoir succombé.

Le navigateur chevronné qui périt en mer, enlevé par une lame, ce couple de vulcanologes français enseveli par une éruption, …autant d’exemples de fins tragiques, mais gratuites et suicidaires. 

Seule une monnaie funèbre et dévaluée rétribue ces comportements.